| Journaux de bord
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 1. Bresil - Natal - Fortaleza - 29/09/05
Depuis une semaine, nous enchaînons les kilomètres et profitons pleinement de la magie des lieux qui défilent sous nos roues. | La chaleur accablante nous étouffe, et pourtant nous tenons notre moyenne de 130 kms par jour. Si nous sommes rodés, en revanche les vélos souffrent un peu.C’est sur, pédaler sur les plages ne fait pas du bien mais on a guère le choix.Et c’est tellement agréable de profiter du fort vent thermique favorable et d’installer son hamac entre deux cocotiers le soir face à la mer... |  |
Les rencontres sont faciles et l’accueil spontané. Les vélos intriguent dans ces endroits reculés et les gens ne peuvent s’empêcher de nous accueillir...ce qu’on a du mal à refuser. Surtout vus les petits-déjeuners locaux, buffets gargantuesques de gâteaux et fruits exotiques locaux inconnus (noix de cajou, goyave, sapotille, graviola, fruit de la passion, murici, cajà...) que nous dévorons avec maladresse. Après une bonne journée de 180kms, nous finissons par arriver à Fortaleza. Cette ville, de 2,1 millions d’habitants, est le port de pêche et le centre d’affaires principal du Nordeste. De nombreux buildings sont venus défigurer le front de mer et la prostitution fait rage pour les nombreux touristes. Nous y restons deux jours, le temps pour nous de visiter le CrediAmigo, banque de micro crédit filiale de Banco Do Nordeste, et de continuer à préparer notre journée de retour. Pour notre dernière visite d’IMF, fort passionnante, nous avons eu droit à une conférence de presse surprise. Imaginez la surprise du petit vieux de notre auberge le matin, lisant son journal avec en seconde page 4 jeunes cyclistes ! Il était tout fou et n’a pu s’empêcher de nous brandir l’article sous le nez au réveil. A 12 jours du retour, la pression monte et les esprits s’échauffent. Nos conversations se limitent à la journée de retour et la préparation de la conférence. Nous devons passer des heures sur Internet et de nombreux coups de fils pour faire de cet évènement une réussite. L’heure du bilan arrive et la fin approche, inexorablement...
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 2. Bresil - Salvador - Joao Pessao - 20/09/05
 | Bon nombre des habitants de l’état de Bahia ont conservé des liens étroits avec leur héritage africain : musique, danse, religion, cuisines et fêtes annuelles. C’est ce qui donne tant de charme à Salvador. Salvador a été la capitale du Brésil colonial pendant le 16 et 17eme siècle, et le centre de l’industrie sucrière dont le pays tira sa prospérité jusqu’à la chute des cours du sucre en 1820. |
Plus nous montons vers le Nord, et plus nous découvrons un deuxième Brésil. Fini la violence des grandes villes, et les endroits ou il est dangereux de bivouaquer. Nous rencontrons des Brésiliens qui comprennent l’anglais ou notre espagnol hasardeux, et qui n’ont qu’une envie, c’est de passer quelques heures avec nous pour échanger sur notre voyage et sur le Brésil. Je prends l’exemple de ce vieux brésilien qui nous a vu hier après midi à la sortie d’un magasin de vélo. Il n’a pas hésité une seconde à nous convier à déguster un poisson avec une bière au bord de la plage pour que nous puissions discuter ensemble du Brésil, de l’Europe...C’est simple et génial ! Mais ce pays est aussi celui du hamac. Nous passons donc nos dernières nuits dans des hamacs sous les cocotiers qui bordent les plages. Les célèbres plages paradisiaques sont devant nous, ca promet ! Nous espérons tant pédaler nos derniers kilomètres sur la plage. Nous reprenons la route pour Natal puis Fortaleza. Pendant cette saison, le vent vient du Sud, et nous allons au Nord....Quel plaisir ! Ces derniers kilomètres vont être un régal. |
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 3. Bresil - Rio - Salvador - 08/09/05
Le bus, c’est plus rapide que le vélo ! C’est comme ça que nous avons rejoint Lima. Une riche famille péruvienne nous y a accueilli et les deux employées de maison nous ont régalés de petits plats bien préparés. Nous étions aux petits soins : visites guidées de la ville, matelas confortables et vins péruviens à table..  | Dernier pays du Tour, le Brésil. Le Brésil, c’est Samba, foot, plages, Senna, Pelé...Malgré tout, aux premiers abords, l’insécurité est très présente, surtout à Rio. De jour comme de nuit, nous sommes régulièrement sur nos gardes. | Comment ne pas le devenir lorsqu’on n’arrête pas de se faire emmerder, et que Tom se fait même voler ses chaussures ! Il faut le faire pour se faire voler des chaussures en pleine rue, et se retrouver du coup à pieds nus...demandez lui comment on fait ! Nous avons découvert la célèbre plage de Copacabana. Vagues de 3m de haut, surfs, volley et foot, tant d’activités que les brésiliens pratiquent sur la plage. Le culte du corps est très présent ici et nous pratiquons l’hédonisme avec eux. C’est pour le meilleur ou pour le pire...Un problème persiste, 1 brésilienne sur 3 est blonde alors que tous les mecs sont bruns. Cherchez l’erreur ;-)  | Nous sommes actuellement à Salvador de Bahia. Ville afro-brésilienne par excellence dans laquelle les Portugais ont laissé leur trace architecturale et religieuse, les rues y sont très animées et tous ses habitants vivent au rythme de sa musique africaine. | Nous retrouverons très prochainement Alexis Duprez et Pierre Bernheim, partis eux aussi à vélo à la découverte du monde voilà un mois. Autant vous dire que ça va pédaler sec (Il n’en reste plus que 1 500 !!!) |
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 4. Bolivie - Perou 25/08/05
Alors que Tom vadrouille en Argentine et que Max a rejoint ses parents pour 8 jours, nous voilà réunis à trois, Tim, Alex et Seb, pour faire avancer le compteur. En effet, nous sommes obnubilés par notre kilométrage et notre grande hantise est de ne pas arriver aux 15.000 kms comme prévu. Il ne reste plus que 1 mois et demi pour faire 2.000 bornes, ca va le faire ! Mais encore une fois, il faut avancer sur le parcours et nous devons prendre le bus. Le temps d’Alex est compté car il nous quitte dans quelques jours. Notre temps en revanche, n’a plus grande importance et c’est rare que nous sachions la date à 3 jours près, ou encore le jour de la semaine. Mais la le temps presse et il faut avancer. On met donc les vélos sur le toit du bus, avec les moutons et les casseroles, en priant que le pauvre élastique retienne nos montures malgré les nids de poules et la conduite sportive (suicidaire ?) du chauffeur. Finalement les vélos encaissent les chocs, mais c’est nous qui avons le plus de mal et nos estomacs ne tiennent pas le coup. Notre truc c’est le vélo, pas le bus local... Finalement, on se remet en selle pour rejoindre le parc national du Sajama, à 4200m d’altitude, près de la frontière chilienne. Ce parc a la particularité d’être dominé par un volcan majestueux culminant à 6542m, soit le plus haut sommet de Bolivie.Nous ne pouvons nous empêcher d’y faire grimpette. Après avoir loué tout le matériel (crampons, cordes, piolets...), nous ferons l’ascension en 3 jours. A cote, photo de la cathedrale Saint Basile de Moscou (on a plus d appareil...sorry) |  | A noter que nous avons passé notre pire nuit depuis 10 mois, à 5700m d’altitude, avec un vent violent qui s’acharnait à vouloir arracher notre tente. Notre pire repas aussi, puisque notre réchaud nous a lâché (il supporte mal le froid et l’altitude le bougre...) et nous avons du faire cuire nos pâtes aux sardines dans de la neige fondue tiède...pas terrible ! Réveil à deux heures du mat’ pour suivre une cordée d’italiens qui nous guidera vers le sommet, malgré le froid et le vent glacial qui gèle nos doigts. En tout cas, quelle sensation de se retrouver à 6542m d’altitude pour le lever du soleil ! C’est ballot de ne plus avoir d’appareil photo pour immortaliser ce grand moment... Malgré la fatigue de la veille, nous repartons à vélo pour franchir un col à vélo à 4667m : la frontière entre la Bolivie et le Chili. 30 bornes de galères, à cette altitude et avec un vent de face violent, auront raison de nous, et nous bivouaquons dans une réserve naturelle au milieu de sommets enneigés à plus de 6000m. Toujours pas de photos... Enfin le grand moment tant attendu : après avoir grimpé l’altiplano bolivien, place maintenant à la descente. Nous nous élancons au lever du soleil pour une journée record de 235 kilomètres. Que du bonheur ces 4500m de dénivelé, soit plus de 60 kilomètres de descente non-stop ! On se laisse descendre vers Arica à plus de 50km/h, avec un nouveau record de pointe pour Tim établi à 78,5 km/h. Nouveau passage de frontière (galère mais anecdotique) pour passer au Pérou et finalement retrouver Max à Arequipa. Nous y passons quelques jours le temps pour nous de rencontrer deux IMFs, de faire quelques lessives et de renouer contact avec la douche...
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 5. Bolivie - 17/08/05
Les premiers flocons de neige de notre tour ont accompagné nos derniers kms avant La Paz. Eh oui, à 4000 m et en plein hiver, on peut s’attendre à ce genre de surprise ! L’arrivée sur La Paz à partir de El Alto est spectaculaire. Nous surplombons toute la ville qui s’étale dans la vallée et grignote peu à peu les flancs de montagnes avec des constructions toujours plus hautes et dont l’équilibre parait bien incertain. En plein cœur du « Prado », nous sommes saisis par l’activité intense qui y règne. Ici, les vendeurs ambulants et les petites échoppes investissent chaque cm disponible. Il est dur de faire 3 pas sans se voir proposer des hamburgesas, des jus 100% pur fruit, des lacets de chaussure ou encore des montres de la Swiss Army. Comme nous confiait Alfredo Torrico, « les boliviens ont un sens inné du commerce et chaque variation de la demande est intégrée par les vendeurs des rues qui s’adaptent rapidement ». C’est dans ce capharnaüm, véritable vivier d’entrepreneur, que s’est développé l’une des plus belles réussites de l’histoire de la microfinance. Bancosol leader du marché bolivien est devenu une référence mondiale en terme de microfinance au même titre que la Grameen Bank. Tandis que la Grameen Bank prône les bienfaits des prêts collectifs, Bancosol s’est imposée comme le champion des prêts individuels. Dans ce pays où le marché de la microfinance est l’un des plus mûr, nous avons eu la chance de rencontrer des acteurs entreprenants et originaux dans leurs démarches. Les initiatives sont nombreuses et la concurrence est rude. Aussi, l’IMF Fades propose des solutions de payement de facture (eau, électricité, téléphone) à distance pour les villages reculés ou encore des délivrances de micro crédit en US dollars. Bancosol offre une gamme de services financiers complets et efficaces. Enfin, Crecer propose des formations et des prêts groupés contrairement au modèle traditionnel bolivien imposé par les majors. En bon cycliste, nous n’avons pas pu résister aux appels de « la descente de la mort ». Attraction touristique réputée, cette descente de 64 km vaut vraiment le détour. Le départ se fait à 4 500 m près des cimes enneigées de la cordillère, pour arriver quelques heures plus tard dans la douceur tropicale de Coroico à seulement 1 300 m d’altitude. Accrochée à la montagne cette descente vertigineuse permet de voir en seulement quelques coups de pédales, la diversité et la richesse des paysages boliviens. Enfin étape incontournable du routard en balade dans la région : le lac Titicaca ! Nous avons cette fois la mauvaise idée d’emmener nos vélos. En effet, nous devons porter nos montures sur les chemins escarpés et nombreux escaliers de l’Isla del Sol, véritable bijou au milieu des eaux claires du lac. A notre retour sur La Paz, nous déplorons notre premier gros pépin. Dans la confusion générale et à la suite d’un vol à l’arrachée, Tim se fait voler la totalité de ses papiers, ses billets d’avion, son argent etc…Nous doublerons de vigilance à l’avenir ! |
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 6. Bolivie - 5/08/05
La Bolivie nous a ouvert ses portes depuis plus d’une semaine déjà, et nous nous sentons (presque) comme chez nous. Pour la fête nationale, les rues d Oruro, ville moyenne du sud du pays où nous demeurons pour la nuit, sont remplies de badauds venus voir défiler les écoliers en uniformes, aux rythmes des fanfares tous étendards dehors. Quel plaisir de faire une pause aussi folklorique après une dizaine de jours riches en vélo et en découvertes ! Petit retour en arrière... Le 29 juillet à midi, nous passions la frontière, non sans un petit pincement au coeur. Nous laissions alors l´Argentine et une multitude de souvenirs impérissables. De Villazòn, le poste frontière bolivien, nous comptions prendre un bus dans l´après-midi pour Uyuni. Manque de pot : le bus nous passe sous les yeux, sans que nous sachions que c’etait le seul et l’unique de la journée! Quand la chance ne se mets pas de vote côté... Le prochain sera tôt le lendemain matin, le temps pour nous de prendre une bonne douche et de faire connaissance le soir-même avec les délicieux « hamburgesas » et autres « lomitos » : de délicieux sandwichs à la viande preparés sous nos yeux dans un petit kiosque par une mama bolivienne... à en faire pâlir Ronald Mc Donald et tous ses copains ! Après une éprouvante journée en bus – beaucoup de routes boliviennes ne sont que des pistes défoncées- nous arrivons à Uyuni, une des destinations-phares de notre tour pour la magie de son Salar. Ce salar, kézaco ? C’est un immense lac salé qui prend la taille d’un departement francais perché à 3700 m d’altitude sur l’Altiplano bolivien. Et notre excitation ne fut pas en reste : se retrouver au milieu de nulle part avec un majestueux tapis blanc autour de nous à perte de vue... quelle sensation ! D’ailleurs, ça nous a tellement plus que nous avons décidé de planter les tentes en plein salar. Couchés à la tombée de la nuit, 19h30 pétantes (!), nous nous sommes réfugiés rapidement dans nos duvets respectifs tout en scrutant avec délice et apprehensions le thermomètre chuter à -20 deg. C’est bien l’hiver, ici ! Le petit-déjeuner du lendemain se déroula dans une atmosphère plutôt fraîche. Nous avons terminé notre traversée en passant par la surprenante Ile des Cactus, petit roc perdu dans cette mer de sel, ou Don Alfredo nous fit signer un étrange livre de bord : un recueil de témoignages de tous ceux et celles qui ont fait la traversée à vélo, à pied, et même en tongs ou en speed-sail ! De quoi apprendre énormement sur les aventuriers en tous genres qui nous ont précédés. Après une nuit de campement en bordure du salar, dans un village entièrement fait de pierre et quasiment abandonné, nous nous attaquions à l’ascension d’un volcan à 5300m. Alex a vite lâché l’affaire, éprouvé par les routes « tape-culs » des deux derniers jours. Max a laissé Seb et Tim grimper tout en haut du cratère pour prendre des photos spectaculaires. S’en suivirent trois jours de vélo intense et campings sauvages avec un petit coup de pouce d’une demi-journée de bus pour pallier une route difficile. Aujourd’hui 5 août, nous soufflons un peu, histoire de partager avec vous les derniers moments passés et surtout de recharger les accus avant l’arrivée à La Paz prévue dans 3 ou 4 jours.
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 7. Argentine - 27/07/05
L’Argentine n’était pas prévu au programme et pourtant nous sommes tout de suite tombés sous le charme de ce magnifique pays. Eh oui, comme toutes les belles histoires, tout a commencé par une balade œnologique dans les bodegas (cave à vin) de Mendoza. Nous ne savons pas qui des serveuses argentines ou du vin nous devons le plus savourer. S’ensuit, une longue et bonne nuit dans le bus qui nous mène à Salta, au nord de l’Argentine. Etonnement, même les bus les moins chers ici, c’est du 4 étoiles pour d’autres pays (Eurolines ferait bien de s’en inspirer)!| Nous nous rapprochons en effet un maximum de notre véritable objectif : la Bolivie. Salta est le départ idéal pour une lente et belle ascension de la Cordillère des Andes. Nous y retrouvons deux amies nordistes (Victoire et Aurore) expatriées dans ce beau pays. Elles nous font découvrir la vie argentine. |  | En effet, nos chères traductrices sont aussi nos guides pendant tout un WE. De plus avec notre bible Assimil, nous multiplions les rencontres à mesure que notre espagnol s’améliore. Après 2-3 semaines où notre rythme de vélo a bien diminué, nous partons affronter les montées et la fraîcheur des hauteurs. Partis de 1.200 m de Salta, nous devons rejoindre les hauts plateaux boliviens à 4.000 m. Ce sont les premiers jours de vrai vélo pour Alex et le coco s’en sort très bien ! Il faut dire que nous nous sommes rééquipés des pieds à la tête et le froid des premières nuits nous donne raison. La montée se fait en pente douce à notre grand bonheur et Eole nous est favorable. Mais, le Must reste bien entendu les paysages grandioses. Les couleurs, les montages, les cactus et même les lamas, tout est fait pour rendre le voyage reposant…malgré les 1.700 m d’altitude déjà franchis.Seule ombre au tableau, nous ne sommes plus aussi sereins pour nos affaires. Pour qui part voyager en Amérique du Sud, les premiers conseils tournent souvent autour des vols et des voleurs. Cela donne des réactions un peu bizarre : dès la première nuit sous tente, nous nous sommes tous mis à hurler et à crier à demi conscients pour un pauvre chien qui faisait nos poubelles…il ne risque pas de recommencer ! |
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 8. Chili - Santiago - 18/07/05
 | Cela fait maintenant 1 semaine que nous avons quitté la Nouvelle Zélande et l’Océanie. Nous avons rejoint l’Amérique Latine, dernière étape de notre projet. En France, les vacances approchent, et à cette occasion, Alexis Daubigney, un de nos amis proche est venu nous rejoindre pour pédaler jusqu'au Perou. | Depuis le départ, dans tous les pays que nous avons traversés, nous parlions anglais. Aujourd’hui c’est fini, c’est espagnol ou crève ! Les chiliens apprécient énormément les efforts que nous faisons pour apprendre leur langage et nous apprécions beaucoup la "chaleur humaine" qui se dégage d' eux. Ils ont l’air très patients voire un peu trop cool ? Une chose est sûre: ils sont accueillants et prennent le temps de discuter avec les cyclistes français qui se baladent chez eux. C’est d’autant plus agréable que ça nous motive à apprendre l’espagnol.Cette semaine nous avons rencontré 2 institutions de microfinance. La « Banco del Desarrollo », typée banque commerciale et « Contigo », association chez qui nous travaillerons le recueil de portraits. N’hesitez pas à aller voir nos rapports dans la rubrique « IMF visitées ». Nous venons de passer un week end à Valparaiso, qui par le passé, était la première escale après le cap Horn sur les routes du Pacifique, et aujourd’hui premier port du pays. Cette ville offre des balades romantiques entre les maisons colorées de ses nombreuses collines. Pas de bol, encore une fois on était qu' entre mecs ! Qui plus est, nous avons été accueilli chez Juan Carlos, un franco-chilien qui nous a fait l'honneur de nous heberger trois nuits (par semaines, c'est ta...) consecutives. A la fois guide, hote et capitaine de soiree, il nous aura parfaitement introduit a la culture chilienne. Les meilleurs choses ont une fin, nous reprenons des demain mardi la route vers le Nord, et du côté argentin de la cordillère. A nous les nuits à – 10 degrés C, sous la tente, et au milieu du désert !
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 9. Nouvelle Zelande - 8/07/05
A tout les passionnés de rugby, de voile, de découvertes, de sensations fortes et... même de moutons, ce pays est pour vous. Sur une région où la météo des 4 saisons sévit chaque jour, les deux îles de la Nouvelle Zélande sont des lieus du monde qui offrent un paysage d’une diversité étonnante.
A notre arrivée sous un climat hivernal incertain, nous avons préféré louer une voiture pendant une semaine que nous n’avons pas manquée de transformer en camping car. Il fallait nous voir décortiquer le poulet rôti à l’intérieur sous une pluie infernale avant que 3 d’entres nous se motivent à planter les tentes pour passer le reste de la nuit dans une flaque. Pendant ce temps, le dernier arrange les sacs pour trouver la place de « s’y allonger ».
Au cours de cette semaine, nous avons roulé, roulé et roulé... plus de 2000 Kms afin d’y découvrir les merveilles de l’Ile du Nord. Au nord d’Auckland, nous avons retrouvé un ami Arnauld qui nous a accueilli dans son hôtel à Russel dans la fameuse Baie des Iles. Pour notre plus grand bonheur, nous avons retrouvé un lit à l’occidental : un matelas moelleux et une bonne couette. C’est ici que nous avons tous réalisés notre rêve d’enfance : une baignade avec des dauphins. A peine entrevus, il fallait nous voir courir et nous déshabiller en même temps pour ne pas manquer ce bain féerique. Cette dizaine de dauphins, autant curieux que joueurs, ont tourné autour de nous plus d’une heure... que du bonheur. L’euphorie du moment nous laissa oublier la température de l’eau inférieure à 16 ºC. Un autre soir, nous avons été conviés à une soirée typique chez un maori où nous avons dégusté... voire dévoré un « hungy » ou cochon à la braise façon maori. En reprenant la route vers le sud, nous avons retrouvé Solenne, la cousine de Maxime en stage dans un centre hippique. Nous n’avons donc pas manqué la promenade à cheval traditionnelle dans les collines avoisinantes de Huntly. | Plus bas vers le sud, nous avons découvert l’activité géothermique des environs de Rotorua. Le Parc de Wai-O-Tapu offre aux visiteurs un environnement volcanique naturel unique et de toutes les couleurs. Le Bassin Champagne ne peut laisser personne indifférent (cf. photo). | 
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Le soir même, sous les conseils des locaux, nous nous sommes glissés dans une rivière d’eau chaude où nous avons fait mousser les bulles de savon... ça fait du bien.
Notre périple s’est achevé dans les Coromandel sur la côte pacifique à l’est d’Auckland où la flore y est très riche. C’est là que nous avons enfin aperçu les Kauris, arbres uniques en Nouvelle Zélande. Celui qu’on a approché est né à l’époque de Charlemagne.Voila, c’était notre dernière escale en Océanie, nous arrivons à Santiago le 9 juillet : Hablas Espanol ? Un Poco. |
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 10. Sydney - Nouvelle Caledonie - 26/06/05
Nous avons quitté avec regrets les Philippines pour entrer dans notre coupure du projet de micro crédit et entamer la traversée du Pacifique. En effet, notre billet tour du monde nous a permis de passer du continent asiatique au continent sud-américain en faisant plusieurs « stop-overs », ou saut de puces dans des endroits aussi exotiques que l’Australie, la Nouvelle Calédonie ou encore la Nouvelle Zélande. Embarquement immédiat donc pour Sydney. Seb est tout excité de retrouver sa future terre d’adoption mais aussi son frère qui nous accueillera pour notre trop court séjour en terre australe. Nous avons juste le temps de faire quelques lessives, s’essayer au surf (sans succès, y a que le vélo dans la vie...), faire 2-3 petits ronds de régate dans cette baie mythique et enfin une petite virée en kayak de mer.  | Nous avons ainsi goûté à la vie sportive et trépidante des australiens. Mais déjà il faut repartir...nous nous promettons de revenir, comme dans beaucoup d’endroits qui nous auront séduits. | Après s’être embrouillé à l’aéroport avec la compagnie (ils voulaient nous faire payer pour les vélos ces abrutis), on se retrouve en territoire français, la Nouvelle Calédonie. C’est bon de retrouver comme chez nous de la baguette et du fromage (avec les yeux car horriblement cher !), de la presse française (avec les yeux, pour lire quoi), des jolies jeunes filles bien habillées sur les terrasses de café (toujours avec les yeux...), des grèves et manifestations à Nouméa, de la violence et du racisme...la France comme on l’aime, ou comme on la déteste. Nous partons en explo’ dans l’île du sud, faire tourner un peu le compteur dans les parcs nationaux et jouer aux boy-scouts nostalgiques. Mais nos soirées animées avec les locaux nous permettent surtout de prendre la température de ce territoire en ébullition. En effet, les Kanaks s’apprêtent à prendre leur indépendance avec la France, espérons qu’ils la prennent sans effusion de sang !
Notre dernière étape avant de reprendre le micro crédit au Chili est la Nouvelle Zélande. Encore une fois, nous sommes sous le charme de nos escales, d’Auckland en particulier, véritable Mecque de la voile. D’autant que la ville accueille les British Lions, venue se prendre une dérouillée par les All Blacks ! Nous mettons à jour le site pour partir ensuite vers le Nord....la suite la semaine prochaine. |
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 11. Les Philippines - 7/06/05
On nous avait prévenus, l’arrivée à Manille ne sera pas une partie de plaisir à vélo ! eh bien, oui...c’est pas ce qu’on a fait de mieux ! En moins d’une heure nous sommes plus crevés qu’après une journée de 120 bornes. Les Jeepneys (sorte de jeep version longue utilisée pour le transport en commun) sont les maîtres des routes de Manille. Ils accélèrent, freinent et doublent 3 fois en moins 30 secondes et leur grande spécialité reste la queue de poisson au raz de nos pauvres roues avant... Mais heureusement, Manille n’est pas représentatif des Philippines. Aussi, nous sommes partis directement dans le nord de Luzon à Banaue qui est une véritable merveille. Depuis 2000 ans, les habitants de cette région ont bâti une multitude de rizières en terrasses sur les pentes abruptes de la « Central Cordillera ». Au rythme de la mousson, nous sommes partis en rando durant trois jours à travers les rizières. Niveau : difficiles, jambes peu préparées s’abstenir ! | C’est souvent sous une pluie diluvienne dans les pentes boueuses que nous finissons nos journées mais les paysages sont tellement à couper le souffle et les locaux tellement gentils que nous ne sentons pas la fatigue. Un petit tour sur l’album photo résumera certainement mieux ces trois jours exceptionnels. |  |
Nous marchons de vallée en vallée en prenant le seul chemin existant qui est bien souvent juste assez large pour poser le pied. A la plus grande joie de Seb, nous reprenons ensuite nos vélos pour revenir à Manille...eh oui, ce boubourse n’avait pas pris ses chaussures de rando et a dû faire ce trek de 3 jours en tongues. Mais aussi car, le vélo, Seb il aime ça ! En 2 jours et demi, nous prenons 370 bornes de plus sur notre compteur. Les Philippins sont adorables, mais, leur amour des Etats Unis a aiguisé notre susceptibilité bien française. Nos éternels supporteurs des bords de route n’ont que 3 mots en bouche : « American ?! » « Hey, Joe » ce qui a eu le don de nous énerver. C’est vrai quoi, tous les blancs ne sont pas américains et tous les Américains ne s’appellent pas Joe ! Heureusement, à Manille nous sommes super bien accueillis par les volontaires de la communauté des Béatitudes « Alliances Internationales » qui font un travail formidable pour sortir les adolescents des rues et leur donner une chance de s’en sortir.
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 12. La Chine - 27/05/05
 | C'est par le Sud que nous avons attaque la Chine. Apres une courte etape a Naming, nous avons rejoint Yangshuo : site d'une grande splendeur, ressemblant etrangement a la baie d'Allong terrestre. | Ce lieu magique fait d'innombrables roches dominant la plaine chintok nous a offert quelques balades dans la campagne sous une mousson dechainee.De la, nous avons repris la route vers Canton. On a pu y decouvrir les nombreux contrastes chinois dont on parle tant dans la presse francaise. Et bien oui, c'est vrai, les villes moyennes sont desertes, elles ressemblent a de vrais gettos, alors que les petites villes sont plus pauvres. Par contre des que l on arrive dans les grandes villes, c'est un chantier ambulant, c'est ultra moderne, flambant neuf : vraiment incroyable! On a saisi l'opportunite de visiter les 2 petites iles ultra dynamiques du Sud de Canton : Macao et Hong Kong. Macao, c'est une ile qui ne cesse s'agrandir, de grignotter du terrain sur la mer pour y construire les plus beaux casinos du monde. Cette ancienne colonie portugaise a un signe revelateur, son taux de chomage est negatif....no comment! Et Hong Kong? Comme new York? C'est sur la mer, et borde d'immeubles dont le plus haut culmine a 400m. Du coup on monte et on descend toute la journee. Cette ile est une montagne alors il y a des escalators partout : C'est impressionnant, mais y vivre doit etre stressant. |
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 13. Le Vietnam du Nord - 15/05/05
 | Depuis Hué, nous avons déboulé dans la baie d’Along terrestre, avant de rejoindre Hanoi. |
De là nous avons pris un bus pour aller voir la célèbre baie d’Along : c’est féerique ! Selon la légende, un dragon a éparpillé plus de 2000 rochers dans cette baie. Aujourd’hui on s’y balade en bateau, les couleurs sont fabuleuses. Régulièrement un brouillard accompagne les virées en bateau, c’est ce qui rend cette baie si mystérieuse. De retour à Hanoi, nous avons rencontré l’association TYM. Les contacts ont été très chaleureux. Lors de la seconde journée, Grégoire, un ancien tourdumondiste (www.cysmic.fr.st) nous a accompagné pour prendre quelques portraits de micro entrepreneuses (action en collaboration avec Planet finance). Ces entretiens sur le terrain se sont soldés par des cul-secs de bières le midi...Une grande première dans ce tour du monde ! C’est chez Grégoire que nous avons été très gentiment reçus. Occasion pour nous de comparer nos aventures, nos photos, nos itinéraires, et surtout nos vélos autour d’un verre de rhum antillais. Après cette courte escale à Hanoi, nous avons repris nos vélos pour la Chine, et nous sommes aujourd’hui à Yangshuo, ville encerclée par des montagnes, dans laquelle nous avons rencontré un jeune chinois yangway, notre nouveau pot, qui a été notre interprète lors de ces 2 jours de ballades sous la mousson. Nous nous sommes enlisés lors de ces traversées de rizières dans des torrents de boue et sous une pluie infernale. Nous reprenons la route le 16 mai direction Canton et Hong Kong. L’anniversaire de Seb approche...c’est le 18 ! |
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 14. La cote Est Vietnamienne - 02/05/05
 | On nous avait dit : « la Highway 1, oubliez ! C’est du suicide, les camions et les bus font du slalom entre les tracteurs, motos, pietons et meme les poules. Les grands coups de klaxon annoncent la couleur et donnent la priorité à tous ces chauffards... » En fait, c’est de la rigolade à coté de l’Inde ou du Bangladesh ! | Nous avons enchaîné les journées de vélo à 120 km par jour en moyenne, avec une chaleur minimale de 40 degrés. C’est donc en toute impunité que nous nous posons trois jours à Nha Trang pour suivre une formation de plongée sous-marine. Les fonds y sont magnifiques et nous atteignons le nirvana sous l’eau, par 20 mètres de fond, au milieu des coraux et poissons tous plus beaux les uns que les autres.Nous remontons ensuite vers Hoi An, charmant petit village marqué par son passé colonial français. De la, le groupe se scinde en trois : Thomas part vers Hanoi retrouver ses parents, Max rebrousse chemin pour retrouver des potes au Cambodge, et Tim et Seb remontent à vélo vers Hue. Cette remontée de deux jours est magnifique, avec un bivouac mémorable sur une plage déserte. Quel plaisir de se réveiller avec un lever du soleil face a la mer, dans les dunes qui s’ouvrent aux montagnes. Nous nous offrons ensuite une petite montée de 8 km à 8 % toute mignonne, surnommée le col des nuages, car son sommet est souvent dans la brume ! Nous sommes accueillis par les volontaires français qui travaillent à la boulangerie française de Hué. Cette boulangerie a pour but de soutenir des orphelins ou des enfants issus de la campagne en leur offrant l’opportunité de devenir apprentis boulangers pendant près de deux ans. A l’issue de cette formation, les apprentis travaillent bien souvent dans des grands hotels de Hanoi ou Saigon. Nous étions enchantés de découvrir l’environnement et la vie de Hué qui a tant marqué notre pote Alex Daubigney lors de son séjour de 5 mois dans la boulangerie. Un grand bravo en tout cas à ces volontaires venus donner de leur temps et surtout beaucoup d’énergie pour aider tous ces apprentis à s’en sortir. Bonne continuation les gars ! |
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 15. Sud Vietnam - 24/04/05
 | Merci David pour cette dernière soirée au Cambodge passée chez toi ! Nous étions fatigués, tu nous as hébergés. Nous étions affamés, tu nous as rassasiés. Nous étions sales, tu nous as lavés (enfin, tu nous as montrés le sceau et le puit, le reste on sait faire...). | Bref, tu n’as pas hésité à nous aborder quand tu nous as vus débarquer dans ton petit village au milieu des champs. Tu as reconnu le petit drapeau tricolore qui flotte en poupe de la remorque de Max, et tu t’es montré providentiel et accueillant malgré la pauvreté des tiens. Ce fut un grand moment de partage et de générosité. Nous sommes reconnaissants, à toi David, fier chauffeur de Taxi-Moto et à toutes ces âmes bienveillantes que nous rencontrons sur notre route.Sitôt la frontière vietnamienne passée, nous sommes frappés par le changement : les routes sont bonnes, les rizières sont vertes et humides malgré la saison sèche, le trafic s’intensifie : le désert de Gobi des campagnes cambodgiennes, c est fini ! Notre arrivée à Ho Chi Minh a mobilisé toute notre attention ! On nous avait prévenus, les vélos n’ont pas leur place. Mais, dépucelés par Le Caire, Bombay ou encore Calcutta, on a tenté le diable et sommes arrivés de nuit ! Nous en serons quittes pour quelques grosses frayeurs, voire même égratignures pour Max ! Après quelques jours de repos à Ho Chi Minh chez Capucine Thiriez, une excursion dans le delta du Mekong et une visite d’ONG, nous fonçons vers les montagnes vietnamiennes chercher un peu de fraîcheur. C’est bon de retrouver du relief, des routes en lacets, et de faire rougir les disques de frein dans les descentes. Les soirs, nous avons cherché refuge dans les églises et paroisses. L’occasion pour les plus courageux d’entre nous de se lever pour un office à 5 h du mat. Un peu dur de suivre en vietnamien et avec toutes ces bornes dans les pattes. Nous sommes maintenant sur la côte Est, Nha Trang, où nous avons longuement savouré notre premier bain dans la mer de Chine. S’ensuit une petite nuit à la belle étoile, dans les dunes et face à la mer. La pleine lune nous offre des reflets splendides sur la mer, et la douce brise nocturne vient nous bercer. Nous sombrons dans un sommeil profond, après ces 500 bornes avalées en 4 jours...
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 16. Cambodge - 14/04/05
 | Nous sommes en pleine saison sèche et la chaleur est accablante. Sur les routes défoncées du Cambodge, nous regrettons le bitume du Laos. Mais pourtant, au « pays du sourire », les paysages sont magnifiques et les gens sont chaleureux, ils nous font même des haies d'honneur sur notre passage. Nous avons été invités chez Cham Dong, fonctionnaire chargé du développement rural. | Partageant pour la nuit ses quelques mètres carrés de bureau-maison, nous avons été vraiment marqués par ce Cambodgien qui nous parlait ouvertement des atrocités commises par les Khmers rouges...sans pour autant évoquer le présent : en effet, des anciens Khmers rouges sont encore haut placés et n'ont pas été jugés de leurs crimes.Au niveau touristique, l'immanquable site d'Angkor est une merveille du monde. A l'apogée de la civilisation Khmer au XII siècle, de grands bâtisseurs ont élevé une multitude de temples d'une finesse extraordinaire. Durant toute une journée, nous nous sommes baladés dans les vestiges de cette ancienne capitale dont le nom a fait rêver des générations d'explorateurs. Sortie de l'oubli et de la jungle par les français au XIX siècle, Angkor a été ensuite largement pillé par les périodes de troubles du Cambodge. Le site renaît une nouvelle fois pour offrir au visiteur un spectacle envoûtant.A notre grand bonheur, le Cambodge a été colonisé par les Français : nous pouvons enfin manger des Sandwiches-baguette après le régime de riz du Laos.Phnom Penh est une ville très agréable à vivre et nous en profitons pour nous poser quelques jours notamment pour fêter le nouvel an Khmer (le 14 avril à 0h40). Nous avons visité plusieurs organismes de micro crédit. Le concept est bien développé dans ce pays mais encore récent. Nous vous invitons à suivre ces visites dans notre rubrique IMF visitées.Enfin, comme vous le savez, nous sommes en concours permanent et deux trophées viennent de tomber. Tim a eu sa première crevaison après 7800 km et Max a perdu pour la première fois pour l'attribution du meilleur lit. |
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 17. Laos Sud - 05/04/05
 | Depuis le début de notre voyage, le Laos est notre pays « coup de coeur » pour ce qui est du vélo. Rien ne vient gâcher les paysages magnifiques et les sourires de ses habitants. Le Laos se visite à travers sa campagne où vit encore plus de 80% de sa population. | L’occupation française a laissé quelques traces encore visibles de nos jours notamment au niveau de l’agencement des villes, de l’administration laotienne et enfin, de la langue : le français est encore parlé par les intellectuels du pays. Nous sommes allés poster nos cartes postales au « Bureau de Poste du Laos » dont le logo est bien proche de notre ancien logo des PTT. Mais le plus marquant est cette exubérance jeunesse qui peuple ce pays. Dans tous les villages, nous croisons souvent deux voire trois écoles toujours remplies et les enfants ne laissent passer nos vélos que si nous leur crions « Sabaidee » (le Bonjour local). La fin de la saison sèche ne nous a pas empêché d’admirer les superbes cascades du plateau des Bolavens et du Mékong. Au Sud du pays, le majestueux Mékong fait des caprices et s’emballe dans d’incroyables cascades. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les français ont construit les seuls 14 km de voies ferrées du pays pour faciliter le transport par le fleuve. A cet endroit, le Mékong se sépare et forme de multiples îles qui sont autant de havres de paix et de tranquillité pour tous les backpackers de la région. Nous en avons également bien profité et nous nous sommes rafraîchis dans les eaux du Mékong. « L’exception qui confirme la règle » : le Laos est un pays extra et le passage frontière pour le Cambodge en est la preuve. Après 10 kms de petites pistes en pleine forêt nous devons lâcher 8US$ de Bakchich aux douaniers. Ils ne voulaient malheureusement pas écouter nos belles histoires de tour du monde que nous tentions de leur raconter pour les amadouer. L’arrivée au Cambodge se fait sur de la piste défoncée...le ton est donné pour la suite, nos vélos et nous allons plus souffrir mais le pays semble prometteur en découvertes. |
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 18. Vientiane - Bolaven plateau - 1/04/05
 | Départ à Vientiane le 24 mars. A vos marques, prêts, partez !Depuis Vientiane, nous avons déboulé sur les routes du Laos plein sud en direction du Bolaven plateau, à raison de 100km par jour de moyenne, avec une journée record de 191kms...nos jambes s'en souviennent encore. | Le Laos nous enchante, nous émerveille, c'est un pays rêvé pour le vélo. Les routes sont bonnes (quand ce n'est pas de la piste), il y a du dénivelé, les paysages sont variés et de nombreuses escales y sont intéressantes. On y a d'ailleurs croisé d'autres cyclistes, 2 anglais, 2 allemands, et 2 belges. Inutile de préciser que la course est de rigueur lors de ces rencontres, et que l'allègement de nos vélos nous procure d'agréables sensations...On constate que chez les laotiens, se nourrir et se vêtir sont les seules préoccupations quotidiennes. Mais à notre grande surprise, ils sont heureux et communiquent leur gaieté. Les enfants sourient et nous crient à tue tête : « Sabaidee » ce qui veut dire bonjour dans leur langage. Nous attrapons plus de crampes aux bras qu'aux jambes, à force de les saluer tous les 10 mètres.Nous avons pu profiter de l'accueil laotien pendant 2 escales. L'un chez l'habitant (par terre avec les poules et les cochons) et l'autre chez les bonzes dans un temple bouddhiste à dormir au pied de Bouddha. L'une comme l'autre, ces expériences ont été riches en découverte du rythme et des méthodes de vie laotiennes. Ces gens sont très simples, ils vivent dans des maisons de bambou et de paille, la majorité d'entre eux subviennent à leurs besoins grâce à l'agriculture et l'élevage. En revanche, ils boivent tous de la lao beer (première industrie du pays). Son prix est proche de celui de l'eau, du coup tout le monde s'en abreuve à son propre rythme! Quant à l'état de forme de l'équipe, après près de 900km de vélo en 9 jours, elle reste toujours et encore joueuse, aussi bien avec les enfants laotiens ou à vélo. Chaque montée est un trophée à remporter (beeen oui, ce sont les points du maillot à poids du tour de France). Nous sommes donc tous en danseuse et à fond de balle pour aller décrocher ces trois points imaginaires! |
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 19. Thailande - 16/03/05
Pour la première fois depuis le début de notre voyage, l’équipe se sépare en deux groupes à Chang Mai. Max et Tom s’envolent pour la Birmanie, tandis que nous (Seb et Tim) partons pédaler au Triangle d’or à l’extrémité Nord de la Thaïlande. Les Thaïlandais sont décidément charmants et surtout charmantes. Lors de notre premier campement, nous sommes accueillis par une ribambelle de petites filles : ça nous change des accueils masculins des pays musulmans...c’est quand même plus agréable ! Seb est aux anges. Arrivés à Tha Ton, au pied des collines, nous rencontrons Bas et Sandra, un couple de hollandais partis depuis 10 mois à vélo...ils sont toujours saints d’esprit ! Cela nous rassure bien, nous ne sommes pas les seuls tarés à pédaler au tour du monde. En fins connaisseurs, nous échangeons sur nos trucs et astuces de voyage et faisons l’inventaire de notre matériel. Les 40 bornes pour arriver à Mae Salong auront été les pires depuis le début du voyage, la route est un véritable Grand 8 où s’enchaînent les montées de « ouf malade » avec les pentes vertigineuses qui font rougir le métal de nos freins à disque. Epuisés, nous craquons le lendemain pour un moyen de transport beaucoup plus intelligent et adapté : la moto ! Pendant, toute la journée, les km s’enchaînent à une vitesse hallucinante dans le décor de rêve du Triangle d’or. Bercés par les récits des légendaires narcotrafiquants, nous avons cherché en vain les champs de pavots durant une journée de trekking. Depuis 20 ans, toute la région a été totalement nettoyée de son trafic d’opium. Les tribus qui exploitaient cet « or blanc », se sont depuis reconverties vers le tourisme pour notre plus grand bonheur. Nous avons été invités à manger dans une famille de la tribu Akha et avons pu constater à notre plus grand amusement que nous n’étions pas les seuls à galérer avec les plats épicés. Tout le monde a passé son repas à renifler, souffler, rougir et attraper des bouffées de chaleur sans parvenir à éteindre le feu qui brûlait nos bouches. Les jours suivants, nous avons enchaîné les jours de vélo, vent de face, et les campements dans les lieux les plus insolites. Lors d’une ballade dans un parc naturel, Seb a été la victime d’une attaque peu commune. En franchissant une barrière de bambou, nous sommes surpris de nous retrouver avec des autruches mais nous continuons notre ballade. Une autruche plus mal lunée que les autres s’avance vers Seb et à moins d’un mètre se met à le charger violemment et le fait tomber. Notre valeureux héros se relève et prend sa sacoche à deux mains pour rendre la pareille à l’autruche qui s’énerve alors véritablement et le balance dans le fossé. Face à ce monstre de 2,5m, il appelle alors à la rescousse son preux chevalier servant: « Tim...Tim ». Tim n’ayant rien trouvé d’autre qu’un bambou de 8 m de long se met à charger l’animal telle une joute moyenâgeuse. Les deux amis repartent alors à reculons (la queue entre les jambes) bien protégé derrière ce bambou. En sortant, nous rencontrons une vieille femme morte de rire ayant assisté à la scène. Nous sommes un peu vexés mais nous apprenons à nos dépens que les Thaïs rigolent de tout et surtout du pire. Sa maman étant déjà au courant, nous pouvons vous divulguer que Seb a établi le nouveau record de vitesse à 75 km/h.
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 20. Mission Economique / Myanmar- 11/03/05
Lundi 7 mars, la rencontre avec Emilie Larese, Attachée Economique à Rangoon nous a permis de rassembler toutes les informations concernant les programmes de micro crédit menés dans le pays. Nous avons aussi échangé sur les différents aspects économiques et politiques du Myanmar, pays isolé volontairement du monde extérieur par la junte militaire qui le gouverne. En terme de micro finance, les autorités ont accepté l’aide de certaines organisations internationales. Le PNUD, agence onusienne finance des projets mis en œuvre par l’UNOPSE qui elle-même chapeaute trois organismes d’exécution : GRET - France, PACT - USA et EDA - Inde qui remplace la Grameen Bank - Bangladesh. C’est par cette voie que plus de 7 millions d’Euros ont été investis dans 11 départements du pays. L’Action Contre la Faim étudie des projets de micro crédit dans l’Etat Shan (Nord du pays) où des problèmes de sécurité alimentaire se posent, conséquence de l’interdiction de la culture de l’opium depuis quelques années. Bien que présentes, ces aides restent cependant insuffisantes pour la population qui vit dans le pays isolé le plus archaïque que nous ayons traversé. Les chiffres parlent mieux : en assistance, chaque birman reçoit 2 € par an alors que ses pays voisins tels le Laos ou le Cambodge reçoivent en moyenne 50 € par an et par habitant. Concernant la politique, le pays a une réflexion régionale, il souhaite de bons rapports avec ses pays voisins d’Asie du Sud, les relations avec les autres pays ne sont qu’accessoires. Les militaires au pouvoir isolent volontairement le pays des idées occidentales qu’il juge inutiles et nuisibles à la population. Les sanctions prises par les Etats-Unis ont peu d’effets sur la politique totalitaire mais pénalisent beaucoup la vie sociale. La population vit dans la peur et elle se tait ; c’est une culture bouddhiste où la vie menée n’est pas la plus intéressante, c’est la vie spirituelle qui prime. Il faut savoir également que l’espionnage gouvernemental devance tout soulèvement de la population, c’est pourquoi il est très difficile d’aborder certains sujets avec les birmans. Economiquement, les militaires dirigent tout, les bénéfices viennent ainsi remplir leurs poches. Outre ce constat déplorable, le pays ne s’engage sur aucun progrès futur, aucune évolution. Par « simplicité », on assiste ainsi au pillage des ressources naturelles : extraction du gaz, destruction des forêts pour son teck, surexploitation des ressources en pierres précieuses. Concernant le travail forcé, on nous explique que l’Etat ne réclamant pas d’impôt, exige de ses citoyens 2 semaines de travail (forcé) qu’il utilise pour la construction des grandes infrastructures routières. Au niveau du tourisme, le gouvernement a la main prise sur ce marché juteux, il a ses propres compagnies de transports et complexes hôteliers. Il contrôle minutieusement le déplacement des touristes pour leurs épargner toute « rencontre imprévue », c’est pour cette raison que les autorités ont refusé nos vélos pour notre visite du pays!  | La Birmanie est un pays attirant et fascinant à visiter par son apparence et ce qu’il y a derrière, certains le compare à « la Matrice ». |
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 21. Myanmar - 07/03/05
Pour la première fois depuis le départ, l’équipe s’est divisée en 2. Max et Tom sont partis au Myanmar alors que Seb et Tim se sont baladés dans le triangle d’or Thaïlandais en attendant la venue de leurs petites mamans. La petite aventure de Max et Tom : Après une escale forcée et à la fois très agréable à Bangkok (Pour l’obtention du visa birman) chez des étudiants de l’Ieseg forts accueillants, nous sommes partis à la découverte du Myanmar et du gourou de Yangon : Stéphane. La situation actuelle du pays apporte un contraste frappant entre le régime dictatorial qui le gouverne et le mystère qui l’entoure. Car la Birmanie, bien que figurant sur la liste des pays les moins avancés, au même titre que le Sénégal ou le Cambodge, dispose bel et bien des ressources nécessaires au décollage économique. Mais il n’a jamais eu lieu, et n’aura jamais lieu tant que l’armée fera main basse sur tout ce que produit le pays. C’est ce que déplore l’opposition birmane réduite sous silence depuis quinze ans. L’un de ses porte-voix, l’écrivain journaliste Ludu Sein Win, ancien prisonnier politique, dresse l’inventaire de tout ce que les généraux ont pillé : minéraux, jade et rubis, forêts et gisements de gaz.  | Nous avons découvert les sites du Lac Inle, véritable village flottant de Bagan, qui compte 2 000 pagodes etendues sur 10 km et du rocher d’or, lieu de méditation Bouddhiste. C’etait somptueux, magnifique !!! Afin de comprendre la magie birmane, je vous invite à consulter l’album photo sur le Myanmar. |
Quant au gourou Steph', il accueille les français de passage à Yangon. Il est à la fois chanteur, rieur, VIE, chauffeur de taxi, guide de trecks, danseur..........frissons et bons moments garantis!!! |
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 22. Bangladesh - 18/02/05
« Les militaires donnent leur vie a la patrie, les diplomates leur foie ! »: nous en avons fait l’expérience avec les diplomates de Dhaka qui nous ont réservé un accueil magistral! Nous enfourchons nos bécanes pour rejoindre les plantations de thé dans le nord est du Bangladesh. Plus exactement nous rejoignons la gare pour monter dans le train de nuit qui nous y emmènera. Ce train représente à lui seul une expérience hors du commun : nous y découvrons l’usage du backcheesh dans ce pays le plus corrompu au monde.
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Au guichet pour acheter les billets : « Y a plus de place dans ce train, désolé ! ». 10 secondes et un billet plus tard : « Y a 4 places qui viennent de se libérer, vous serez ensemble » Le responsable du train : « On n’accepte pas les vélos ! ». On dégaine un billet, la négociation se détend : « on va pouvoir les mettre avec les poulets et animaux à l’avant du train ». « On vous garantit pas la sécurité de vos vélos » Un billet plus tard, et ce sont deux gardes qui veilleront sur nos bécanes toute la nuit ! Le Bangladesh est aussi un des pays les plus pauvres au monde. Nous sommes accueillis dans une plantation de thé ou là encore la richesse côtoie la pauvreté. Le manageur habite une luxueuse villa qui domine ses terres. Les 700 ouvriers habitent des baraques faites de terre et de bambous, a l’intérieur même de sa plantation. Nous faisons le tour du propriétaire, et en fin d’après midi, nous assistons à la distribution de la paie. Stupeur ! Ce sont des dizaines d’adolescents, de femmes, d’hommes, de vieillards qui font la queue pour collecter les 140 Tacca (2 euros) qui leur reviennent. Cette somme représente le salaire d’une SEMAINE, a raison de 8 heures par jour, 6 jour par semaine. Pour information, le seuil de pauvreté est défini à 1 USD par jour. Nous voyant atterrés et stupéfaits par de si bas salaires, le manager réplique : « oui, mais on met à disposition gratuitement une école, des médicaments, les frais de maternité (le tout est en fait pris en charge par les ONG internationales), 2,5 kilos de riz par semaine et par personne et leur outil de travail. Hallucinant ! Le soir, de l agitation se fait sentir sur l’ensemble de la plantation, les esprits des ouvriers semblent s’échauffer. Mr le manager nous explique : - « Les ouvriers ont reçu leur paie aujourd’hui, donc ils boivent et s’enivrent ». Et nous de répliquer : « Mais comment avec des salaires aussi misérables peuvent-ils se procurer de l’alcool ? » - « C’est simple, leur ration de survie obtenue sert en partie à produire un excellent alcool de riz ». - « ... »
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 23. Bangladesh - Rencontre avec le Professeur Mohammed Yunus - 10/02/05
| Dès le début du projet, un nom résonne dans nos oreilles : Mohammed Yunus, le créateur du concept de micro-crédit, une des plus importantes innovations du 20ème siècle en matière de lutte contre la pauvreté. Le jeudi 10 février, nous avons eu la chance de l’avoir rencontré. |  |
Comme à Bangalore en Inde, nous le retrouvons en forme et bien souriant. A 65 ans ( il parait bien plus jeune), cet homme conserve une vivacité hors norme. Directement impliqué dans les objectifs du Millenium pour la lutte contre la pauvreté, il a pour ambition d’améliorer la vie quotidienne de 100 millions de personnes à travers le monde. Voila le portait d’un ancien professeur d’économie qui a créé en quelques années un phénomène susceptible selon lui de « renvoyer la pauvreté dans les musées » ?
Troisième de la famille de 9 enfants, il passa sa jeunesse dans le Bengale Occidental. A l’age de 20 ans et grâce à ses brillants résultats, il a la possibilité de poursuivre ses études aux Etats Unis. Il y passera 7 ans et obtiendra son doctorat sur le thème « l’économie et le développement ».
En 1971, il rentre au pays pour enseigner au Département d’Economie à l’Université de Chittagong, la 2ème ville du pays. Trois en plus tard, la famine qui aura tué plus de 1,5 million de personnes marquera profondément son esprit « Les gens mourraient de faim dans la rue et moi je continuais à enseigner d’élégantes théories économiques sans aucune prise avec la réalité. J’ai commencé à comprendre qu’il était très arrogant de prétendre avoir des réponses en restant dans une salle de classe et ai commencé à étudier sur le terrain». Dans un village voisin : Jobra, il découvre que de nombreuses femmes sont victimes des usuriers. De sa propre poche, il expérimente des micro prêts : il partage 27 dollars à 42 femmes jugées très pauvres. Certaines ont acheté des poules, la vente des oeufs permettait d’accroître leurs revenus tout en remboursant la somme prêtée. « L’objectif était de les faire rentrer dans un cycle économique et d’amorcer un changement de mentalité». Le succès de cette expérience l’a convaincu, reste-t-il encore à persuader les autres... « un pauvre qui rembourse, vous rigolez », ayant trop entendu ses mots de la bouche des banquier, il s’est donc lancer dans l’aventure en créant sa propre banque en 1978 : la Grameen Bank. Le succès des premières initiatives lui permet d’exporter ses services aux villages avoisinants.
Aujourd’hui, la Grameen exporte ses services aux quatre coins du globe. En 27 ans, elle est parvenue à soutenir plus de 12 millions de micro-entrepreneurs et dénombre près de 4 millions de clients actifs. Ces prêts totalisent près de 100 millions de dollars US dont 48 millions déjà remboursés, le taux de remboursement de 97 % dépasse largement celui des banques traditionnelles. La Grameen parvient à sortir plus de 59% de ses clientes de la pauvreté. « Je souhaitais juste résoudre un problème local et petit à petit, sans m’en apercevoir, c’est devenu la Grameen Bank ».
Depuis 10 ans, il étudie des projets avec ses équipes pour donner davantage de pouvoir aux pauvres. C’est ainsi que la Grameen a sa propre compagnie de téléphonie mobile, délivre des aides au logement, propose des services en assurance et des prêts d’études pour les jeunes entreprenants. Tout ceci basé sur un souci de résoudre un problème social de manière durable, sans sacrifier la viabilité économique. Les solutions viendront selon lui, des nouveaux « entrepreneurs sociaux ou environnementaux ». Dès qu'il le peut, il pousse les jeunes à « ne jamais chercher un travail mais à le créer » et reste persuadé que les entreprises à but social sont le meilleur remède contre la pauvreté et seront mieux armées dans le futur que les entreprises traditionnelles. Notre projet l’a séduit notamment avec l’action « Kms pédalés, Entrepreneurs nés ». Il passera en France en juin prochain pour la conférence internationale organisée par notre Président de la République à l’occasion de l’année internationale du micro crédit. |
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 24. Inde/Bangladesh - De Calcutta a Dhaka - 08/02/05
| C’est sur une route défoncée que nous quittons Calcutta en traversant les bidonvilles qui entourent la ville, notre nouvel objectif est le Bangladesh et plus particulièrement Dhaka, sa capitale. Avant la frontière, nous sommes accueillis par Roy un businessman indien rencontré au fin fond d’un village. |  |
De religion hindoue, sa famille a préféré quitter le Bangladesh lors de l’indépendance du pays. Il nous fait un tableau magnifique et nostalgique de son pays d’origine... peut être un peu subjectif, mais nous en avons besoin étant donné les a priori assez négatifs concernant ce pays. En arrivant à la frontière, nous avons de la chance : il n’y a quasiment pas de file d’attente et les formalités sont réglées en un temps record de 4h30. La traversée du Bangladesh à vélo est vraiment superbe : c’est encore plus plat que notre Nord natal, les campagnes sont verdoyantes et les rizières s’étalent à perte de vue. Avec une superficie de près du quart de la France (dont la moitié est sous l’eau) et une population 2,5 fois plus élevée, le Bangladesh est l’un des pays les plus peuplés de la planète...en gros, il y a du monde partout, c’est hallucinant ! Pour couronner le tout, la première ville que nous avons traversée était en pleine grève générale. En France, on a plus d’expérience dans le domaine, car ici, les gens ne rigolent pas du tout quand ils font grève et nous nous sommes vraiment sentis mal à l’aise dans cette foule déchaînée qui risquait d’imploser à tout moment. En arrivant à Dhaka, nous sommes super bien accueillis par l’équipe de la mission économique française. Merci à eux pour leurs aides, leurs conseils, et l’hébergement ! A Dhaka, nous goûtons pleinement à la vie d’expat’ riche en rencontres et en soirées bien animées. Dhaka, c’est aussi pour nous un premier aboutissement dans notre projet : nous avons eu la chance de rencontrer le Professeur Mohammed Yunus fondateur de la Grameen Bank qui vient en aide à près de 4,1 millions de personnes. Nous avons également rencontré l’ASA (3 millions de clients) et l’AUD (partenaire de Planet Finance).
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 25. Inde - De Agra a Calcutta - 05/02/05
En une semaine, nous avons bouclé trois grandes étapes : Agra, Varanasi (Bénarès) et Calcutta…nous nous sommes enfin rendus compte que le train allait beaucoup plus vite. Par la splendeur de son Taj Mahal et à en juger le nombre de bus Jet Tour garés devant, Agra restera une étape toujours incontournable lors d’un séjour en Inde. Pourtant, nous en sommes repartis sacrément dégouttés par les arnaques à touristes que les indiens pratiquent ici mieux que nul part en Inde.  | Varanasi, ville sainte de l’hindouisme, est une cité envoûtante. Pour les hindous, il est très bon de venir finir sa vie à Varanasi et de s’y faire incinérer, cela met fin au cycle des réincarnations. Nos promenades sur les ghats du bord du Gange n’auront été que contemplation. |
Aussi, dans une atmosphère indescriptible et envoûtante, des milliers de p’tits vieux ont abandonné tous leurs biens matériels pour accéder à un idéal hindou qu’est la vie de Sadhu (ascète errant). Nous sommes fascinés par les ghats de crémation et par le rituel de la « puja » qui consiste à se baigner dans les eaux immondes du Gange pour se purifier…va comprendre ! Varanasi est bien la vie la plus indienne de notre parcours : incompréhensible et fascinante.
En bons adeptes de Dominique Lapierre et de sa « cité de la Joie », nous arrivons à Calcutta en pensant arriver dans un bidonville géant. L’adaptation en douceur depuis 2 mois nous aura peut être aidé mais nous avons trouvé la ville pleine de charme et pas si agressante. Nous avons enfin vu notre premier Bollywood et sommes tous tombés amoureux de l’héroine…on ne le dira jamais assez, elles sont vraiment belles ces indiennes ! A noter également notre passage à la SIDBI, banque qui investit dans le micro crédit.
Nous allons de nouveau nous remettre en selle en direction du Bangladesh pour rencontrer la Grameen Bank, référence mondiale en terme de micro finance et peut etre avoir la chance de rencontrer le professeur Yunus, fondateur du concept du micro credit.
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 26. Inde - Mariage a l'indienne a Agra - 02/02/05
Lors de notre passage à Goa, nous nous sommes liés d'amitié avec un indien branché nommé Sajal. Sachant que nous passerons dans sa région fin janvier, il nous a invité au mariage de son cousin. Ce fut l'occasion de découvrir une grande tradition indienne.
La veille de la cérémonie, nous avons rendu visite au marié, il était jaune, on lui avait appliqué sur la peau une pommade pour le purifier, nous espérions une chose : Ne pas le revoir de cette couleur le soir de la cérémonie, c'était tellement répugnant ! | Le jour même, un ami de Sajal nous emmène faire du shopping pour échanger nos polaires et pantalons de trekking pour le costume indien traditionnel que nous avons acheté pour l'occasion ; en 5 minutes, nous étions déguisés de la tête au pied. Puis, un passage chez le barbier fut également inévitable pour les derniers barbus de l'équipe. |  | Le soir, nous retrouvons Ravi, le marié dans un costume bien coloré. Durant près de 2 heures, nous avons défilé à ses cotés dans les rues jusqu'au lieu de la réception avec ses proches. Le cortège dansait sur les rythmes des timbales et autres trompettes (pour nous Français, il ne manquait que les majorettes...) on s'est plongé dans ces danses endiablées : les plus jeunes mènent le pas, les hommes secondent en agitant des billets de quelques dizaines de rupees récupères par les musiciens. Ensuite, sans un sourire notable, les femmes prennent place et suivent les hommes. Le marié ferme la marche sur un cheval; de cette place dominante, ça ne l'a pas empêché de passer quelques coups de fil pour passer le temps...Au lieu de la cérémonie, on retrouve la famille et les proches de la mariée. Les mariés se retrouvent et sans échanger un mot ou une expression de sympathie, ils prennent place sur deux trônes pour le reste de la soirée. Pendant ce temps interminable à leurs yeux, les invités se ruent sur le buffet avant de prendre la route du retour une fois le ventre bien rempli.
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Nous avons été marqués par ce mariage qui fait sans doute le bonheur des deux familles respectives : « Ah ces mariages arrangés, ce soir là, nous étions contents d'être chrétiens ». Sur le pas du départ, nous avons salué ces jeunes mariés en leur souhaitant « All the best for the future » car comme beaucoup d'autres couples indiens, ils se connaissent très peu avant leur union. |
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 27. Inde - De Jaipur a Delhi - 26/01/05
C'est dans le froid de l'hiver indien que nous avons couvert les 260 km qui séparent Jaipur de Delhi. Cette autoroute ne présentait pas grand intérêt, mais malgré tout, nous avons été accompagnes lors des 2 escales que nous avons faites. La première nuit, suite a une rencontre avec les flics de l'autoroute, nous avons dormi au poste, mais pas en garde à vu. Courte soirée avec eux, le temps de faire connaissance et de partager quelques « tchai ». Le « tchai », c'est la boisson préférée des indiens, un thé ultra sucre et ultra crémeux qu'ils boivent à n'importe quelle heure de la journée. |

| Quant à la seconde, on a fait comme les vrais rouleurs, on s'est pointe dans un relais routier. Ambiance garantie : Bruit des camions toute la nuit, conditions de vie à la dure, par terre avec les rats...La prochaine fois on s'abstiendra. |
Une fois sur Delhi, nous avons découvert Old Delhi, pendant 2jours, le temps de se balader dans la vieille ville et d'assister à la grande parade du « Republic day », fête nationale, avant d'être accueilli chez Emilie, une francaise en VIE chez Aventis Pasteur. Anecdote de la semaine : On vous a peut être dit que Seb était tout triste sans sa petite Maman, mais c'est pas tout. Une autre chose lui manquait terriblement : son jogging du dimanche matin avec lequel il regarde tele foot. Si bien qu'il a craque pour un superbe jogging noir a 75 roupies soit 1.3 euros! Le voilà tout beau, mal rase, avec son jogging, ses chaussettes de foot et ses sandales « Shimano » en direction de l'ambassade de France. Aucune crédibilité le cycliste si bien que tout le monde le regardait, la honte ! Mais apparemment c'est un mot qui ne doit pas faire partie de son vocabulaire... |
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 28. Inde - De Ahmedabad a Jaipur - 20/01/05
 | Pas mecontents de quitter Bombay et sa circulation perilleuse pour les apprentis cyclistes que nous sommes, nous rejoignons Ahmedabad, en train. Eh oui, rattrappe par le timing, on a fait les p'tits joueurs et tente l'experience du train indien. Memorable. | Si l'on tient une moyenne quasi similaire en velo, il faut avouer que le train est moins fatiguant si l'on ne prend pas en compte tous les vendeurs de bananes et biscuits qui circulent toutes les 5 minutes, et si on enleve les poules et les 5 indiens qui partagent ta couchette (j'exagere a peine). Nous arrivons a Ahmedabad frais et dispos pour visiter la SEWA, une des plus grosses institutions de micro finance en Inde, et la pionnere en matiere de micro credit puisque sa creation remonte a 1972.  | Ahmedabad compte aussi son festival de Kite, comprenez les petits cerfs volants qui ne ressemblent a rien mais redoutables: cerf-volants a une seule ligne, le but est d'aller couper la ligne de ton voisin et de lui chourrer son cerf volant. En levant les yeux, ce sont des centaines de milliers (veridict) de cerf-volants qui colorent le ciel. Ouf malade! | En bons touristes, nous avons pousse notre visite de la ville dans l'ashram du Mahatma Gandhi, d'ou il demarra, avec ses fideles, sa longue marche pour l'independance de l'Inde.Ensuite, remontee vers le Rhajastan et Udaipur, ville regorgeant de temples et palaces et qui a servit de studio a un James Bond, Octopussy. Nous continuons vers le Nord, avec Chittorgarh et sa forteresse qui nous a offert un magnifique bivouac interdit. Quelle plaie ce gardien qui voulait nous priver de ce lieu historique et magique, nous empecher de faire une veillee autour d'un bon feu (indispensable pour eloigner les scorpions, singes et autres serpents: precision pour nos mamans qui s'inquietent un peu) et de nous deloger en pleine nuit...heureusement on l'a eu a l'usure!On retrouve ensuite Tim a Pushkar, site sacre ou il ne fait pas bon pour les locaux d'avoir a faire a 4 touristes-cyclistes qui lachent rien. Apres presque deux mois, on se fait plus avoir si facilement, et les negociations tournent presque a notre avantage. Preuve en est ce pauvre restaurateur qui regrette encore d'avoir propose son buffet a volonte a 4 "ventres", et ce pour moins d'un euro.Rassasies et au complet, nous repartons vers Dehli, dans le froid, le brouillard, le vent de face, avec les camions, sur une autouroute defoncee, a dormir par terre...y a des fois ou l'on a vraiment envie de claquer le velo par terre et retrouver son petit confort francais. Mais le visage souriant de ces enfants ou mendiants qui n'ont rien nous regonflent a bloc et nous font apprecier chaque jour un peu plus ce voyage. |
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 29. Inde - Une semaine a Swabhimaan, Timothee - 14/01/05
Depuis 3 mois que je roule pour le micro credit, j'eprouvais comme Maxime le besoin d’approfondir mes connaissances sur le mode de fonctionnement d’un organisme de micro credit. Mon escale a Swabhimaan fut l’occasion de decouvrir le reseau UpLift India Association. Ce reseau propose une grande diversite de services dans un encadrement profondement social et professionnel permettant d’aider et de responsabiliser les personnes les plus pauvres. UpLift se compose de plusieurs ONG proposant des services varies dans des lieux souvent differents (a Pune et a Bombay). En micro finance, UpLift propose indifferemment aux hommes et aux femmes des prets sous forme individuelle ou collective, ainsi que de la micro assurance et de la micro epargne. InterAide, ONG francaise creee par Paul Lesaffre, et Swabhimaan interviennent en tant que supports financiers et techniques. J'ai mis a profit cette semaine pour comprendre les problematiques organisationnelles d’une ONG, les differentes etapes de l’obtention d’un pret ou encore la mise en place de leur futur support informatique. J’ai ete enormement aide par les membres de Swabhimaan et leur differents supports et manuels de fonctionnement. J'ai ete impressionne par la rigeur, la qualite et la precision de leur methodologie. J’ai egalement eu l'opportunite de me rendre sur le terrain: des formations de travailleurs sociaux, des remboursements de prets ainsi que des etudes concernant la situation familiale des futurs "partenaires" (terme employe pour designer les clients). Ma journee avec Ganesh m’a particulierement marque. A 25 ans, Ganesh a deja gravi tous les echellons de sa branche et avec son diplome en Business, il est desormais le Branch Manager de Lohianagar. Avec Ganesh et une Collector Motivator (chargee d’environ 200 partenaires) nous sommes partis a la rencontre des gens des bidonvilles pour prospecter de nouveaux partenaires. Les rencontres sont informelles et spontanees. Se rendre chez la personne permet de creer une relation simple et de confiance. A l'interieur, toute la famille se rassemble autour de notre futur partenaire, et dans cette piece ou l’on se sent pourtant si vite a l’etroit, je ne vois que des sourires et des visages rayonnants. Durant une demi-heure, notre partenaire va nous expliquer sa situation familiale et ses projets de developpement grace a un questionnaire pre-etabli (Family form). Une fois de retour a l’agence, les employes vont etudier ces « family forms » et determiner le programme d’aide le mieux adapte a la personne : Job Placement, Family Development Program, Income Generated Progam…Sur les registres, les empreintes digitales se melent aux signatures hesitantes mais qu’importe, ici, c’est l’envie de s’en sortir qui compte. Trois francais : Guillaume, Carole et Arnould travaillaient a l’agence de Swabhimaan lors de mon passage. Ils m’auront bien aide pour la comprendre le reseau UpLift et m’ont fait decouvrir cette tres dynamique ville qu'est Pune. Je tiens egalement a saluer Nitin Madan, Kishor Magdum et Francois Xavier Hay pour leur accueil dans leur organisation. Un peu vexe du record etabli (150 km en 1 journee) par les trois lascars a velo lors de ma semaine a Swabhimaan, je me suis permis d’etablir le nouveau record en rejoignant Bombay depuis Pune: 175 kms en une journee! |
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 30. Inde - Bombay - 07/01/05
 | Ah quel bonheur d'enfourcher a nouveau nos velos...Apres une semaine de pause a Goa, nous sommes repartis vers Pune, "petite" bourgade (4 millions d habitants) situee a 170 bornes au sud est de Bombay. Nous y sommes restes 2 jours pour y visiter UpLift India Association reseau dans lequel InterAide (ONG francaise) intervient en tant que support technique et financier. |
Nous remercions Nitin Madan de nous avoir si bien explique son metier et de nous avoir presenter UpLift Network.
Nous avons ete accueillis chez Sylvie, Raphael et leur adorable fille Bahia, expatries a Pune. Nous avons mis a profit une journee de repos chez eux pour ecrire la newsletter, que vous recevrez demain dans vos boites aux lettres. C'etait aussi pour nous l'occasion de prendre une douche chaude (au lieu des sceaux d'eau froide habituels), deguster un vieux camembert coulant franco-francais et regarder les tontons flingueurs: quels instants magiques et si precieux!!! Tim est reste sur place dans l'ONG alors que nous avons repris la route a trois vers Bombay, occasion pour nous d'etablir un nouveau record (150 kms...mais n'en deduisez pas que Tim nous ralentissait pour autant...) Nous sommes arrives sur Bombay, ville fascinante et suffocante. L'arrivee en velo fut calamiteuse et quelques retros de rickshaws y sont restes, les conducteurs se faisant insulter d'"ENF...ES" sans trop comprendre pourquoi. La suite tres prochainement! |
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 31. Inde - Reveillons a l'indienne - 31/12/04
Notre veillee de Noel a commence sur la plage, avec une assiette de seafood sous les cocotiers. Nous sommes a Goa, ancienne enclave portugaise a dominance chretienne. Il nous est donc facile de trouver notre messe de minuit. En tenue impeccable, les riches indiens affluent de partout. Nous faisons peine a voir au milieu de tous ces smokings et sahris (robes indiennes) toutes plus beaux et colores les uns que les autres. La longue messe, celebree en hindi (rien compris...), nous a fascine, tant par ses animations et mises en scenes que par ses chants magnifiques. Le chant final etait un "Happy birthday to you Jesus" plein d'entrain, avec un grand gateau decoupe au pied de l'autel. Ensuite, malgre l'heure tardive, les fideles se rassemblent pour partager le the de l'amitie. L'esprit de Noel y est vraiment intact! Le lendemain, nous sommes recus a dejeuner par la famille qui nous heberge, et partageons le repas de Noel avec eux (choix de poulet et poissons, riz et fruits frais) Dans une toute autre ambiance, nous avons passe notre soiree du 31 a Anjuna Beach, reputee pour son ambiance et ses "Party" sur la plage. Guidee par le feu d'artifice, nous nous retrouvons a l'entree d'une immense boite de nuit face a la mer, ou l'entree est un peu chere a notre gout. Rapidement, un trou dans le grillage nous permet de nous retrouver dans cette immense fete endiablee...nous n'aurons pas rate notre reveillon! |
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 33. Inde - Conference de Mohammed Yunus - 21/12/04
Vinatha Reddy, la directrice de Grameen Koota a été formée personnelement par le Professeur Mohammed Yunus (P.M.Y.) au Bangladesh en 1997. Elle profita de son passage à Bangalore pour l’inviter dans son association et participer à une conference devant son staff et des banquiers de la région. P.M.Y. est le fondateur du concept du Micro Crédit. Il a recu 51 récompenses dans plus de 20 pays et a obtenu le PhD de 20 universités réparties aux 4 coins du globe. Le Bangladesh l’a élu dans les 10 personnes les plus importantes du pays pour le 20e siècle. Avec un tel bagage, on pourrait l’imaginer arrogeant et pressé, il en est tout le contraire ; c’est un homme souriant, détendu, attentionné, ouvert et vif d’esprit. Une heure lui suffit amplement pour convaincre l’assemblée. Son discours a commencé par le pouvoir de l’argent: "nous sommes dans un monde ou avec de l’argent, on fait de l’argent. Pourquoi délivrer des crédits pour des pauvres? La réponse est la meme que pour les hommes d’affaires! Cet apport initial permet de passer d’un niveau au suivant"…" Avec 1 million d’euros, tu peux faire aisément un autre million et meme bien plus. Mais si tu n’as pas un centime dans la main, tu ne parviendras JAMAIS à en gagner un autre!"…" le micro-crédit est cette chance initiale reservée à ceux en bas de l’échelle". Après cette introduction, tous les yeux étaient rivés sur lui et les oreilles grandes ouvertes. Cette idée lui est venue d’une frustration à son retour au Bangladesh en 1972, la misère présente à chaque coin de rue etant insupportable a ses yeux. Professeur de finances, il a testé avec une équipe d’étudiants de son université l’octroi de prets pour les pauvres. Après des premiers résultats satisfaisants, il s’est rapproché des banques usuelles pour des partenariats. "Un pauvre qui rembourse, vous rigolez!" cette phrase, il l’a trop entendu. C’est ainsi qu’il s’est battu pendant 2 ans avec le gouvernement pour ouvrir sa propre banque. Voila maintenant près de 30 ans que la Grameen Bank existe. Depuis 1976, elle a soutenu plus de 12 millions de familles pauvres sur les 15 millions recensées au Bangladesh. Aujourd’hui, 4 millions de clientes remboursent chaque semaine une partie de leur crédit. Actuellement, la Grameen Bank est beneficiaire, 70% de son fond de roulement provient de l’épargne de ses clientes! En Inde, le micro crédit n’a pas encore atteint ce meme succés, seulement 7 des 80 millions de familles pauvres ont recours au micro-crédit. Pr. Yunus est venu en Inde pour encourager le gouvernement à prendre des mesures et les banquiers à investir dans cette voie prometteuse. Bien que cette forme d’aide permet d’accroitre les revenus du foyer, cela permet également aux femmes de s'integrer dans la société. Elles sortent de chez elles, affirment leur opinion face à leur mari, défendent leur business, partent voter, épargnent pour l’éducation de leurs enfants... Depuis peu, la Grameen débloque des crédits pour l’éducation des enfants. Elle redouble d'efforts pour les encourager a pousuivre les etudes, et emprunter s'il le faut. Apres quelques années, quand on revoit l’enfant à coté de sa mere, micro entrepreneuse, le changement opere est flagrant" Pr. Yunus conclu son discours par ces mots: " NOUS devons continuer de donner du pouvoir aux pauvres et croire en leurs capacites de remboursement. NOUS devons aider ces 3 milliards d’hommes sur Terre pour les sortir de la misère. NOUS pouvons le faire, donnons toute notre énergie. Bien sûr que nous sommes libres, mais sachez que ce défi est réalisable et qu’ensemble: NOUS serons plus efficace !" Cet après-midi là, Pr. Yunus a conquis son auditoire. Il a aussi ete seduit par notre projet lorsque nous lui en avons touche quelques mots, et nous sommes impatients de le rencontrer plus longuement au Bangladesh. |
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 34. Inde - Une semaine avec Grameen Koota -19/12/04
 | Dès la préparation de notre projet, je songeais à rester plus longement dans une ONG pour approfondir mes connaissances en finance et surtout vivre le micro-crédit au jour le jour. J’ai eu le coup de coeur pour Grameen Koota. |
En arrivant lundi matin au siège, j’ai pris connaissance de mon planning de la semaine: je suivrai Gopal, Chef de secteur, dans son travail quotitien jusqu’à samedi soir car ici, en Inde, on travaille 6 jours par semaine. Puis dimanche, j’assisterai à la conférence du Professeur Mohammed Yunus, le fondateur du concept du micro-crédit, de passage à Bangalore. Lundi, j’ai assiste à quelques cours de formation du futur staff, le sujet du jour était la définition de la pauvreté et ses critères d’évaluation, très intéressant. Le reste de la semaine, j'ai suivi Gopal dans chacune des 6 branches de son secteur, sa responsabilité est d'assurer le bon fonctionnement de chacune d’elles et de valider les demandes de prets. C’est ainsi qu’il m’a emmene sur sa moto a travers les chemins entourés par des rizières et d'autres paysages sublimes, plus de 400 km sans casque... Nous restons 24h dans chaque branche. Tot le matin, nous assistons au "Kendra meeting" (Kendra signifie groupe, environs 35 femmes), c’est le RDV hebdomadaire obligatoire pour recupérer et distribuer l’argent. Avant cette reunion, le Kendra Manager imprime une fiche synthétisant les montants. La fin de matinée est consacrée à la comptabilité, chaque Rupee entrant ou sortant est enregistré. En debut d’après-midi, pendant que le staff enquete d’autres villages, je me plonge dans leurs documents financiers et leur "Operation Manuel". En debut de soirée ont lieu les meetings de formation des groupes et de trainings ; après un bon travail de ses équipes, Gopal vient vérifier la solvabilité de ses futurs entrepeneuses en possant quelques questions et en visitant certaines maisons. Il profite aussi de cette rencontre pour insister sur les exigeances de Grameen Koota. Samedi, j’ai eu la chance d’assister à un SED, cette rencontre tous les 6 mois reunit une centaine de clientes sur un journée complete. Ce moment fort permet de débattre sur des améliorations pour l’avenir, partager les problèmes personnels, mais c’est aussi une opportunité pour faire sortir les femmes de chez elles, ce qui est très rare. Cette réunion m’a profondement touché, j’avais en face de moi plus de 100 femmes souriantes qui sortaient progressivement de la pauvreté avec des crédits ne dépassant pas le prix d’un jeans en France. Les couleurs vives de leurs vetements, le soin porte au maquillage et à la propreté m'a fait oublie durant cette journée leur pauvreté. C’est indéniable, le micro-crédit porte ses fruits, c’est une marque d’esperance. Cette semaine fut également une expérience humaine extraordinaire. Au cours de cette semaine vécue avec les indiens, j’ai découvert leurs valeurs profondes, leurs manières de penser, leurs rythmes de vie ; ce peuple a une culture, un passé et des coutumes très éloignées des notres mais les résultats sont parfois semblables voir meilleurs. Ce pays me plait ; au debut, je pensais que 2 mois en Inde seraient bien trop, maintenant je dis que c’est insuffisant. Ce tour du monde à velo, nous éclaire sur les differences qui résident sur notre terre et nous laisse oublier progressivement que notre opinion n’est pas forcement la plus raisonnable. |
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 35. Inde - De Bangalore a Hampi - 18/12/04
 | Un groupe de quatre offre de multipes combinaisons et cette semaine, nous en avons experimente une nouvelle. Max restant a Bangalore dans l'IMF Grameen Koota, nous partons a trois: Tom, Seb et Tim. Apres deux journees ou nous frolons notre record de kms parcourus, nous finissons par etablir le nouveau record a 134 km... | ...les routes indiennes s'y prettant plus qu'au Moyen Orient.Nos deux etapes majeures furent Puttaparti et Hampi. Puttaparti est une ville atypique qui est guidee spirituellement par le Guru "Sai Baba". Ce guide spirituel de pres de 20 millins d apdeptes a travers le monde prone les valeurs d amour et de connaissance de soi...Nous n avons pas accroche du tout mais l experience fut amusante. Notre deuxieme escale est Hampi. Cette ancienne capitale de province garde les traces d un passe glorieux. Dans un decor magnifique s enchainent les temples, fortifications et batiments publics qui ont resiste aux aleas du temps depuis leur apogee au XVI siecle sous l ere de Vihjanyagar. Le velo nous permet d acceder dans les milieux ruraux les plus recules. Notre arrivee est toujours une veritable fete pour tout le village ou les admirateurs se pressent par centaines autour de nos velos, au plus grand plaisir de Thomas qui adore les bains de foule. A noter que nous avons eu le plaisir de camper une nouvelle fois sous les etoiles indiennes. |
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 36. Inde - Visite de Grameen Koota - Bangalore - 12/12/04
| A Bengalore, nous avons rencontré la Grameen Koota adaptant la méthodologie de la Grameen Bank (fondée par le Professeur Mohammed Yunus au Bangladesh il y a 30 ans).Soutenue financièrement par Grameen Trust à sa création en mai 1999, cette institution développe activement son activité au coeur de la Silicon Valley indienne. |  |  | Pour sortir les familles de la pauvreté notamment celles faisant partie de la Caste des Intouchables, elle soutient exclusivement les femmes par l'octroi de faible prets à court terme et par des enseignements socio-économiques.Grameen Koota cherche à développer de nombreux services en matière de finance et d'assurance. Les 106 employés poursuivent leurs efforts pour atteindre la rentabilité financière avant fin 2005. | Actuellement, 16 000 femmes bénéficient de leurs services, ils éspèrent atteindre la barre des 360 000 familles soutenues fin 2008 depuis la création en 1999. A plus long terme, l'équipe éspère que cette MFI puisse appartenir, etre dirigée et utilisée par leurs clientes. Nous n'oublirons pas la rencontre d'une entrepreneuse nous présentant avec joie son métier a tisser. |
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 37. Inde - De Chennai a Bengalore - 12/12/04
| Periple de 3 jours de velo pour rallier les 340 kms qui separent Chennai de Bengalore. A signaler un excellent bivouac, au bord d'un lac dans la campagne indienne. Nous l'avions attendu cet endroit recule et calme, a l'abri des hordes habituelles d'indiens omnipresentes. Notre arrivee a Bengalore, la "Silicon Valley" de l'Inde, nous surprend par ses contrastes avec le reste: ville riche ou la technologie de pointe est la principale industrie. |  | Cela change des petits villages et communautes reclues ou l'autosuffisance prime. L'arrivee de 4 cyclistes occidentaux, barbus et couverts de poussiere, ne passe pas inapercue dans cette ville. A croire que les 6 millions d'habitants se sont donnes rendez-vous pour nous assaillir, y compris les journalistes locaux qui publieront cette arrivee mouvementee. |
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 38. Inde - Visite de IMED - Chennai - 06/12/04
| Nous nous rendons a Chennai dans l'organisme Inter-mission Micro Enterprise Development (IMED), ou nous sommes accueillis par deux consultants australiens ainsi que l'Executive Director, Mr. John. IMED est rattachee a l'Intermission Industrial Development Association qui vient en aide aux orphelins et a la jeunesse par des programmes de formation. |  | Creee en fevrier 1996, IMED a pour objectif d'ameliorer les conditions de vie des entrepreneuses et de leurs familles par le biais du micro credit et de la formation. En tant qu'organisme chretien, cette ONG ne tient pas compte de l'appartenance religieuse de leurs clients et travaille pour rendre les personnes responsables et autonomes. Cet organisme est finance majoritairement par Opportunity International et est independante financierement a hauteur de 78% de son budget. Leurs objectifs sont d'augmenter le nombre de leurs clients, d atteindre leur independance financiere tout en gardant une logique forte d accompagnement. Nous avons beaucoup apprecie leur sens du devoir et du travail bien accompli pour aider a sortir leurs 8500 emprunteuses de la pauvrete. Vous trouverez le rapport d'activite tres prochainement dans la rubrique Micro Finance - IMF visitees. |
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 39. Inde - De Mamallapuram a Pondichery - 07/12/04
| Apres une halte de deux jours dans ce charmant petit village de pecheurs, nous poursuivons notre route plein sud, vent de dos, vers Pondichery. Les divers villageois rencontres sur la route hallucinent de voir passer 4 occidentaux a vive allure, doublant les scooters (d avant guerre...) et slalomant entre les bus et les tracteurs. |  | Apres 100km, nous arrivons deja a Pondichery, ancienne enclave francaise et symbole de la "France aux Indes". Cet ancien comptoir connu son apogee et sa prosperite au debut du XVIIIe siecle avec notamment la nomination du gouverneur J.Francois Dupleix. L'influence francaise s'y fait sentir encore aujourd'hui a travers ses rues, son architecture et ses monuments, mais aussi ses jardins. Lors de la visite du temple de Sri Manakula Vinayagar, nous tombons nez a trompe avec un enorme elephant, symbole du Dieu hindou Ganesh. Le pachyderme est en tete d'une procession un peu folklorique et fantaisiste, mais riche en couleurs et en musique. Tres indien quoi...Nous devons quitter cette ambiance religieuse pour prendre le bus (autre experience memorable si vous avez le coeur bien accroche et les tripes solides!) vers Chennai afin de visiter l'IMF de micro credit IMED. |
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 40. Inde - De Chennai a Mamallapuram - 4/12/04
| Apres un long et fastidieux vol depuis Le Caire, via Londres, nous arrivons a Chennai, sud-est de l'Inde. Il nous a fallu patienter longuement pour retrouver nos colis et velos sans bousculer la bureaucratie indienne. Quelle inefficacite! |  | Une fois les velos remontes, nous quittons l'aeroport a 4h du mat, au milieu d'une foule dense qui nous assaille de tous les cotes. Que font tous ces gens a cette heure-ci? Mais quelques heures plus tard, on decouvrira qu'ils etaient en fait qu'une poignee...Nous faisons connaissance avec deux hollandais qui en sont a leur 11e trip a velos en Inde, donc leurs conseils nous sont precieux.Apres un bon the a 2,5 Rupees (0,04 Euros) et une assiette de riz chargee en epices (0.4 Euros), nous sommes d attaque pour rejoindre le centre de Chennai au milieu d'un bordel de camions, bus, rickshaws et vaches sacrees! Certaines ruelles traversees nous resteront a jamais gravees en memoire, tant pour leur odeur immonde, les ordures, dechets et defections servant de dortoirs aux plus demunis, les vieilles femmes ou enfants cherchant desesperement un peu de nourriture, mais aussi et surtout pour les sourires et la joie de tous ces enfants sales, jouant tous nus dans ces bidonvilles etouffants. Nous passons une journee a nous impregner de cette atmosphere si speciale mais si riche. Nous descendons maintenant vers Pondichery, sous le regard curieux des enfants enthousiastes.
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 41. Egypte - Arrivee au Caire - 25/11/04
Bruxelles - aeroport de Zamenten - 9h45 | Apres plus de 40 jours de convalescence en France, l'etat de la pate folle et du genou me permettent enfin de les rejoindre. Une fois le velo emballe, et surtout pese, je m'envole enfin pour les retrouver au Caire. Les sacoches debordent de fromages et journaux francais au point de ne laisser la place que pour 3 tee shirts et une paire de chaussettes...peu pour un an! |  |
Les formalites de douane passees non sans mal, je les retrouve la, sur le parvis de l'aeorport, cheveux hirsutes, barbus et sales, en cyclistes et agitant des drapeaux francais. Trop tard pour reculer, j'ose quand meme les embrasser malgre l'odeur, les larmes me montent aux yeux. Un machin a 4 roues, qui ressemble vaguement a une voiture, semble etre notre taxi pour nous emmener au Centre ville. On y va pas en velo??? Effectivement, il vaut mieux pas vu la circulation et la pollution. Le taximan, ancien pilote de F1, se noie au milieu de ce traffic ahurissant. A grands coups de klaxons, il se fait de la place au milieu des bus, charettes, pietons, poules,...on ferme les yeux a chaque carrefour, sans oublier de serrer les fesses! Inch Allah... Cette petite bourgade de 16 millions d'habitants a le merite de nous preparer pour l'Inde. Nous mettons a profit ces 3 jours pour mettre a jour les rapports d'activite, faire le point et elaborer un plan d attaque pour l'Asie, qui s'annonce etre un autre beau morceau.
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 42. Egypte - Traversee du Sinai - 24/11/04
| Apres avoir regagne l'Egypte dans un bateau surpeuple, un boat people d Egyptien revenant de la Mecque, nous arrivons a Dahab. Nous ne pouvons resister aux fonds sous marins de la Mer Rouge et un petit plongeon s'y impose rapidement avec masque et tuba. La Traversee du desert du Sinai est pour nous l'occasion de tester nos capicites d'autonomie. |  | En effet, pas moyen de se ravitailler pendant pres de 200 kms et nous sommes donc surcharges de reserves d'eau et de pates. Mais la poussiere est venue accompagner nos gamelles de riz et de pates, et les couchers de soleil sont venus compenser le dur labeur de 1500 metres de deniveles. Nous arrivons au Caire le 24 novembre ou une asso de micro credit nous attend;Cette Institution de micro finance se prenomme Al Tadamoun. Issue d'un programme pilote de micro credit, Al Tadamoun est nee en Juillet 2003 de la fusion de 3 branches operant au Caire. Cette Institution promose des credits aux femmes uniquement. Nous avons recu un accueil tres chaleureux de la par d'une equipe fiere du travail accompli. En effet, depuis decembre 2003, Al tadamoun est rentable et offre des prets a 8000 micro entrepreneurs deja. Nous passons la journee avec ces femmes tres fieres d'obtenir leur micro credit et de la confiance qui leur est accordee. Vous retrouverez d'ici quelques jours le rapport d'activite dans la rubrique IMF visitees. PS: Desole pour les accents manquants, mais Seb n'est plus en France pour les rajouter...
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 43. Jordanie - 18/11/04
| Après une petite baisse de tension du groupe entre Damas et Amman, nous sommes repartis pour la Mer Morte découvrir la sensation de flotter sur les eaux. Nous fêtons notre premier mois de voyage avec 70 km dont les 10 derniers d'une pente a 10%. Le soir, nous sommes hébergés par des Palestiniens réfugiés en Jordanie avec qui nous célébrons la fin du Ramadan. Nous allons enfin pouvoir manger la journée en toute impunité. |  | Par la route des rois, nous avons traversé toute la Jordanie du Nord au Sud en passant par des sites aussi fabuleux que Petra et le Wadi Rum pour arriver en Mer Rouge à Aqaba. Nous sommes épatés par la beauté et la diversité du paysage. La traversée à vélo de telles étendues donne une dimension vraiment magique à notre périple.
Notre vie à trois est ponctuée par de nombreuses rencontres avec des backpackers et des locaux. Ces derniers sont d'origines fort diverses: Bédouins, Palestiniens, Kurdes, Tchétchènes...
La traversée en Ferry pour l'Egypte a été surréaliste. Notre bateau ressemblait au Radeau de la Méduse tant il était rempli d'égyptiens, tous de retour d'un pèlerinage à la Mecque. Nous nous préparons maintenant à la traversée du Désert du Sinaï.
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 44. Turquie - Syrie - du 13/10/4 au 08/11/04
Du 13 au 22 octobre 2004Voilà les premières nouvelles du tour. Après la regretable chute à vélo de Sébastien lors de notre journée de départ symbolique samedi 9 octobre, nous avons convenu de maintenir notre départ le 13 octobre de Bruxelles et de donner les premiers coups de pédales en Turquie. Sébastien nous retrouvera dès que possible une fois son genou soigné. Notre avion decollant à 7h mercredi 13 octobre passé, nous avons passé la nuit dans l'aéroport pour avoir le temps d'emballer les vélos et être les premiers a l'enregistrement. Le voyage s'est bien passé, nous recupérons notre matériel en bon état (Ouf!). Vous ne pouvez pas imaginer à quel point nous êtions heureux d'ajuster notre matériel avant les premiers coups de pédales. Nous réalisons notre sortie de l'aéroport comme nous l'imaginions depuis longtemps:sur nos vélos avec nos 15 kg de bagages dans les sacoches ou les remorques. Depuis ce moment là notre présence attire l'attention, nous recevons beaucoup de gestes de sympathie et d'encouragement. Pour rejoindre le centre ville d'Istanbul, les petites routes se font rares, nous n'avons pas eu d'autre choix que de nous aventurer sur les voies expresses. Pour ces premiers kms, notre vigilance etait à son comble. Nous arrivons sans incident dans la vieille ville. Notre première mission pour le micro credit était prevue pour le 15, nous passons agréablement la journée du 14 à visiter les points forts à vélo de cette capitale aux 3 noms. La Turquie nous apparait bien comme un pays à la frontière de l'Europe et du Moyen Orient, on reçoit des turques un accueil chalheureux. Ce vendredi 15, nous avons passé la journée avec l'ONG MAYA, cette institution Turque de micro crédit créée il y a seulement 2 ans soutient les femmes dans leur propre projet. Elle est présente en 3 sites : Istanbul, Kocaeli et Duzce. Au cours de la matinée, nous avons echangé avec l'équipe dirigeante. Pour leur communication, ils avaient convoqué les medias pour une conférence de presse. Pour nous 3, c'était une grande première, nos impressions persos: "Trop de flashs, ça fait mal aux yeux" et " tenir une discution en anglais avec un traducteur Turc, c'est bien marrant". Sinon question micro credit, ce fut une réussite, notre projet permet aux organismes d'attirer les medias et de saisir l'opportunité pour mieux se faire connaître. Au cours de l'après midi, nous avons été accueillis par des femmes entreprenantes chez elles et à leurs lieux d'activités. Cette première rencontre fut bénéfique à tout point de vue, c'est une marque d'encouragement pour la suite. Dimanche, nous rencontrons Aziz Akgul, membre du parlement turc à Ankara, capitale de la Turquie. Cet homme implique dans le micro crédit depuis longtemps va prochainement faire passer une loi pour officialiser les différents statuts du micro crédit en Turquie en s'inspirant du systeme de la Grameen Bank. A nouveau la presse est présente, nous recevons beaucoup d'info et son soutien personnel. Apres une dernière photo sur la place principale de Capitale, nous le saluons une dernière fois avant d'enfiler nos cyclistes pour 4 jours de vélo intenses en direction de la Cappadoce. 1ere journée: 46 km dont 12 en bonne montée. 2e journée: 90 km, moyenne: 23 km/h (moyenne apres midi: 29km/h), durée: 3h54. 3e journée: 106 km, moyenne:22 km/h, durée: 4h39 4e journée: 86.6 km, moyenne: 21.5 km/h, durée: 3h50 Ces premières journées nous ont permis d'ajuster nos réglages et de former notre selle en cuir (pour l'instant pas de panique au niveau des fesses). Le rythme du vélo est parfait pour apprécier le paysage. C'est un bon moyen pour rencontrer les turques lors de nos ravitaillements et nos nuits sous la tente dans les jardins ou les champs. Après ces 4 jours sportifs, nous arrivons en Cappadoce, région au centre de la Turquie reputée pour ses villes sousterraines et les sites troglodytes. Du 23 au 28 octobre 2004 Après 3 jours de repos, lessive, entretien des vélos et visites a Goreme en Cappadoce, nous reprenons la route en direction du sud avec comme prochaine ville étape: Osmanıye. Avec un relief bien montagneux et 90 kms de pistes, il nous aura fallu 5 jours pour rallier ces 2 villes distantes de 316 kms. La diversité du paysage et du climat est impressionnante: grandes plaines,forets, paysage lunaire, hauts plateaux, massifs alpins… avec des températures variant de jour comme de nuit entre 5 et 35 °C. Pour l'instant le soleil est bien présent, c'est agréable surtout pour le vélo. Les 90 Kms de montagne sur pistes resteront l'étape la plus physique depuis notre départ: la fatigue s'est bien fait sentir au franchissement des cols et les disques de freinage rougissaient dans les descentes vertigineuses mais heureusement ni bobo ni casse( cf photos). Apres 2 jours complets au coeur du massif, nous retrouvons avec joie le bitume: sage invention pour la pratique du vélo… Nous constatons que le vent influence considérablement notre vitesse. Dernièrement la direction du vent étant contraire, notre grand jeu était de prendre des aspirations derrières les tracteurs, ça nous a permis de gagner aisement 20 km/h et d'attirer l'attention des paysans. Arrivés le 27 octobre au soir a Osmaniye pour 2 nuits, nous profitons de ce break pour rédiger notre prochaine newsletter et fınaliser notre périple en Syrie. Du 28 octobre au 8 novembre 2004 L'étape de la Turquie s'est terminée sur un record: 127 km sur une même journée. Nous avons été accueillis chez des Tchétchènes pour planter notre tente dans leur jardin. Cette agréable soirée nous a appris beaucoup sur cette ville de refuge qui réunit des peuples du Caucase et du Moyen Orient; c'est une région du globe encore très sensible. Depuis notre passage en Syrie, notre voyage s'engouffre dans un véritable rêve par les déserts que nous traversons et les sites historiques que nous découvrons. Voici les sites que nous avons visité (du nord au sud): - les Ruines d'Afamia : ancienne ville grecque puis romaine couverte sur près de 2 km et construite sur les hauteurs dans le désert.le Château des Assassins: Forteresse construite sur un rocher...La secte des assassins incarne le terrorisme moderne; leur stratégie était de surprendre efficacement et rapidement. - Le Krak des Chevaliers : château construit au temps des croisades pour protéger le nord de la Terre Sainte au temps des invasions. Ayant subit des fortifications à deux reprises, il était bien difficile d'y pénétrer, sa grandeur s'impose déjà à des dizaines de kms. Pour l'anecdote: 5 semaines d'offensives ont été nécessaires aux Arabes pour entrer dans le château défendu par 80 hommes seulement a la fin du 12e siècle. - Palmyre : ancienne cite greco-romaine implantée dans une oasis perdue dans le désert. Ce site a connu son apogée au 3e siècle après JC sous le règne de la Reine Zenobia. La grandeur et la richesse de ce site planté au milieu du désert nous ont particulièrement marqué. - Le Couvent de Deir Mar Moussa : Magnifique monastère accroché a la montagne et face au désert. Nous avons passé la nuit au milieu de ces moines dans un cadre idyllique, propice au recueillement et à la prière. Outre sa position, il est unique en son genre par son histoire: bastion chrétien au cœur du monde arabe. Nous sommes heureux de retrouver actuellement Arnaud Daubigney; à Damas, un ami expatrié en Syrie depuis maintenant 2 ans. Ces 2 jours à Damas sont mis à profit pour reprendre des forces, soigner une vilaine tourista, et nettoyer nos 3 tee shirts qui en ont bien besoin Aujourd'hui, le compteur a dépassé les 1500 bornes, nous sommes en avance sur le calendrier…
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